Métro musique
Derrière les vitres des quais du métro, il est assis. Devant son clavier blanc et noir, il attend. Sur son tabouret de cuir parme aux coutures grossières, il regarde…
Passer les gens,
Tourner le monde,
Vrombir les métros,
Glisser les heures.
Il y a dans sa tête une petite boîte à musique qui se remonte toute seule. Des pâtés de sable à chaque coin de sa forteresse mentale. Et des tours de guet imprenables que les autres contemplent de loin.
De l’autre côté de la palissade vitrée, ils s’impatientent. Ils le dévisagent avec des sourcils circonflexes. Sur son tee-shirt, il y a un signe égal barré par une bande oblique. Et les spectateurs ne peuvent pas changer de station. Son image s’imprègne en eux comme une tache d’encre sur du papier buvard. Ils n’ont pas accès à la molette qui permet de changer de programme. Au début, ils imaginent que c’est le prochain métro qui les sauvera en les emportant loin de lui. Fuir et ne pas se retourner. Se précipiter vers un avenir en forme de cylindre coupé, retourné sur lui-même…
Pourtant on ne peut pas oublier celui qui demeure immobile derrière les vitres. Il a des branches de platane dans le regard et des morsures de serpent sur le visage. Une peau tatouée, une vie illustrée où le jour n’ose pas se lever. Il est assis sur ce tabouret et il ne joue pas. Son clavier reste lisse, sans la moindre trace de doigt. Il ne parle pas non plus. Il se contente d’attendre. Et de regarder…
Tourner les métros,
Glisser les gens,
Passer les heures,
Vrombir le monde.
La petite boîte à musique dans sa tête va cesser de jouer. Mais uniquement lorsqu’il l’aura décidé. Pas avant. Restera tout ce monde massé sur les quais du métro… Que pourront-ils bien y comprendre, une fois que la musique aura cessé ?
Tourner le monde,
Vrombir les métros,
Glisser les heures.
Il y a dans sa tête une petite boîte à musique qui se remonte toute seule. Des pâtés de sable à chaque coin de sa forteresse mentale. Et des tours de guet imprenables que les autres contemplent de loin.
De l’autre côté de la palissade vitrée, ils s’impatientent. Ils le dévisagent avec des sourcils circonflexes. Sur son tee-shirt, il y a un signe égal barré par une bande oblique. Et les spectateurs ne peuvent pas changer de station. Son image s’imprègne en eux comme une tache d’encre sur du papier buvard. Ils n’ont pas accès à la molette qui permet de changer de programme. Au début, ils imaginent que c’est le prochain métro qui les sauvera en les emportant loin de lui. Fuir et ne pas se retourner. Se précipiter vers un avenir en forme de cylindre coupé, retourné sur lui-même…
Pourtant on ne peut pas oublier celui qui demeure immobile derrière les vitres. Il a des branches de platane dans le regard et des morsures de serpent sur le visage. Une peau tatouée, une vie illustrée où le jour n’ose pas se lever. Il est assis sur ce tabouret et il ne joue pas. Son clavier reste lisse, sans la moindre trace de doigt. Il ne parle pas non plus. Il se contente d’attendre. Et de regarder…
Tourner les métros,
Glisser les gens,
Passer les heures,
Vrombir le monde.
La petite boîte à musique dans sa tête va cesser de jouer. Mais uniquement lorsqu’il l’aura décidé. Pas avant. Restera tout ce monde massé sur les quais du métro… Que pourront-ils bien y comprendre, une fois que la musique aura cessé ?

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