L'immeuble de Jean-Jacques
Lorsqu’il referme la porte de son appartement, Jean-Jacques n’est pas encore sorti. Il doit descendre l’escalier en bois. Cinquante-deux marches dont chacune craque sur une note différente de celle qui la précède. L’air que joue Jean-Jacques est le même, matin après matin. Qu’importe les saisons, l’humidité ambiante ou la température. Les pas de Jean-Jacques ont un tempo bien à eux. Une régularité de métronome qui ne surprend plus personne. Au contraire, même… Tous les autres locataires de l’immeuble savent, lorsqu’ils entendent ces notes, que Jean-Jacques part travailler. Alors ils remontent toutes leurs couvertures jusque sous leurs nez, enroulent leurs jambes là où la couette est la plus épaisse. Et tous se mettent à sourire en même temps, un peu niaiseux mais tellement heureux de ne pas être à sa place…

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