Au croisement des utopies

lundi, octobre 17, 2005

Une sympathique nouvelle voisine

Armande Lenoir s’installa dans le petit village de Roquebrun à l’âge de soixante-douze ans. Elle vivait seule et n’avait pas de famille connue mais elle ne tarda pas à s’attirer la sympathie de tout le quartier.
Son visage respirait la sympathie et elle inspirait confiance, dès l’instant où l’on échangeait un mot avec elle. Le sourire en perpétuelle représentation, ses petits yeux rieurs se plissaient constamment derrière les verres teintés de ses lunettes. Elle parlait peu, mais elle parlait avec tout le monde, jeunes et vieux, hommes et femmes. Elle ne se lançait jamais dans de grands discours, mais elle avait toujours un mot d’esprit. Sa démarche de balancier et son ventre rond donnaient l’impression qu’elle allait chavirer à chaque pas.

Dans le village de Roquebrun, tout le monde s’habitua très vite à Armande Lenoir. La sympathique femme devint une figure de la région et sa bonne humeur la fit inviter à toutes les manifestations. Elle était de toutes les mondanités et de toutes les inaugurations, des fêtes et des évènements du canton.
Mais lorsqu’un mardi d’octobre, à la sortie de l’école, Armande Lenoir attrapa un petit garçon de six ans et qu’elle le dévora sous les yeux de tout le village, plus personne n’eut envie de rire.